La loi est en général un guide pour faire le bien et éviter le mal. Bien sûr, grâce à sa conscience chacun de nous sait intuitivement ce qui est bien et ce qui est mal, mais cette appréciation reste souvent floue et vague. C’est pourquoi la loi est utile pour donner des balises plus précises. Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne mentiras pas, tu ne prendras pas la femme (ou le mari) de ton prochain. C’est la sagesse de toujours et la grande tradition biblique qui nous a ainsi légué une liste de dix commandements, de dix paroles (décalogue). La tradition raconte que Moïse est descendu de la montagne avec deux tables, une première table établissant notre relation avec Dieu et la deuxième table fixant notre rapport avec son prochain. Aujourd’hui on pense qu’il faudrait ajouter une troisième table qui fixerait nos rapports avec le milieu écologique : tu ne pollueras pas, tu ne gaspilleras pas, tu ne feras pas disparaître d’espèces animales ou végétales, tu n’useras pas de violence envers les animaux, etc.
La loi est donc utile, voire indispensable. Mais elle ne suffit pas. Tu ne tueras pas. Fort bien. Mais que faire devant un agresseur? Tu ne mentiras pas. Mais que faire devant un injuste questionneur, indiscret et grossier? La loi admet donc des interprétations, des ajustements. Honore ton père et ta mère, dit le commandement. Cela veut dire de prendre soin d’eux lorsque l’âge les afflige. Mais si tu déménages très loin d’eux en sorte que tu ne pourras assumer ce devoir et qu’il retombe tout entier sur tes frères et sœurs, es-tu bien sincère?
Dans le fameux discours dit de la montagne, Jésus évoque la loi de Moïse et invite à aller au-delà de la loi. Non seulement tu ne tueras pas, mais tu ne te mettras pas en colère. Tu chercheras même à dépasser les conflits pour mieux comprendre l’autre, ses malaises et ses peurs. Il nous invite à être parfaits comme son Père est parfait. Il n’est pas suffisant de se contenter du minimum. Il faut passer de la loi à l’amour. C’est le défi de toute existence humaine, le défi de toute la vie.

André Beauchamp

© 2018. Paroisse Très-Sainte-Trinité de Rockland

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